«C’est comme si j'avais gagné au loto»

«C’est comme si j'avais gagné au loto»

La plupart des jeunes quittent leur village de montagne pour leur formation et ne reviennent jamais. Ce n'est pas le cas de Mattia Testa.

La plupart des jeunes abandonnent leur village de montagne pour entreprendre une formation et n’y reviennent plus. Ce n’est pas le cas de Mattia Testa. Ce jeune homme de 20 ans est revenu dans son village natal de Vergeletto, dans le Valtessinois d’Onsernone et il y a créé sa propre entreprise forestière.

«C’est comme si on gagnait au loto quand on a la possibilité de gagner sa vie dans une vallée aussi excentrée car il n’y a pratiquement pas de travail ici. On n’a guère le choix, la solution est de se rendre indépendant. C’est pourquoi je suis ravi que l’Aide Suisse aux Montagnards m’ait soutenu pour l’acquisition d’une machine à fendre le bois et d’un tracteur. Je n’ai que 20 ans, et je n’avais pas les moyens de faire de tels investissements. Ces acquisitions étaient cependant essentielles, car ce n’est que grâce à cela que mon entreprise de traitement du bois aura une chance de se développer.»

«J’ai terminé l’an dernier ma formation de menuisier à Bellinzona. Pour moi, il était évident de retourner dans mon village natal de Vergeletto pour y créer ma propre entreprise. Je ne peux imaginer de vivre en ville. Le bois était déjà omniprésent dans mon enfance. A l’époque, j’accompagnais mon père en forêt pour l’aider à couper le bois. Ma famille ne produisait cependant que pour ses propres besoins. Et toutes les opérations de coupe et de sciage s’effectuaient manuellement.»

«Jusqu’à présent, je ne peux encore vivre uniquement du travail du bois, car je n’ai suffisamment de travail que pendant le premier semestre de l’année. Au printemps, cela commence par la coupe du bois. Ensuite, je suis occupé à fendre le bois jusqu’en septembre-octobre et à le vendre. En hiver, je travaille comme mécanicien et je m’occupe également du déneigement à Vergeletto. Il faut être flexible et avoir plusieurs cordes à son arc si l’on veut s’en sortir.»

Le projet en bref

  • Jeune entrepreneur forestier
  • Machine et tracteur neufs
  • Vergeletto/TI

Impossible sans machine

«Mon objectif est de pouvoir vivre toute l’année du travail du bois sans devoir chercher des revenus complémentaires. L’un de mes collègues rejoindra l’entreprisel’année prochaine, après avoir terminé son apprentissage de menuisier. Cela nous permettra d’être opérationnels toute l’année. L’été, nous produirons du bois de chauffage, et en hiver nous nous consacrerons aux travaux de menuiserie. Sans la nouvelle machine à fendre le bois, l’entreprise, même à plein rendement, ne serait pas rentable. Je l’ai achetée l’hiver dernier et je l’utilise depuis ce printemps. Avant, cela prenait un mois pour couper 10 tonnes de bois et j’avais besoin de l’aide de mon père ou d’un collègue. Avec la machine, je coupe la même quantité de bois en un jour seulement, et tout seul. J’estime que je serai à même de produire cette année deux fois plus de bois de chauffage que l’année dernière, c’est à-dire plus de 40 tonnes.

Le chauffage à bois a la cote

«Mes clients sont principalement des habitants de Vergeletto et des vallées voisines. Il y a encore quelques personnes qui font du bois pour leurs besoins propres maisleur production est modeste. Une scierie du village qui vient de fermer m’a envoyé ses clients. Je pense que mon entreprise a de bonnes chances d’avenir. Ici, de plus en plus de gens se chauffent au bois et la demande augmente, en particulier pour les pellets de bois. C’est pourquoi je songe à commercialiser des pellets. Le tracteur que l’Aide Suisse aux Montagnards m’a aidé à financer me permettra de les transporter. Il ne serait pas réaliste d’envisager de produire moi-même des pellets, car cela implique une infrastructure onéreuse. Il faudrait en effet non seulement disposer d’une installation spéciale pour la production des pellets, mais aussi des silos pour les entreposer. Mais qui sait, simon entreprise se développe bien et si la demande continue de croître, la production de pellets sera peut-être une carte à jouer dans quelques années.