«Tout s’est amélioré»

«Tout s’est amélioré»

Il y a 10 ans, le téléphérique de Schattigmatt, détruit par des intempéries, a pu être reconstruit grâce à l’Aide suisse à la montagne. Voici le résultat.

Le téléphérique démarre avec une petite secousse. Au fur et à mesure qu’il monte, le coup d’oeil est de plus en plus impressionnant. Non seulement sur ce site montagnard très escarpé mais aussi sur le village de Bristen et en particulier sur le hameau de Schattigmatt, station d’arrivée du téléphérique. Tout a l’air impeccable et reluisant. Rien d’étonnant à cela, car le tout est pratiquement neuf. Le 22 août 2005, une tempête a sévi ici et elle a détruit, hormis la station de départ du téléphérique, quatre maisons, un garage et 80 voitures.

«Dix ans plus tard, j’ai encore un sentiment étrange, ici sur les hauteurs», dit Rolf Infanger. L’actuel président de la corporation d’Uri était à l’époque président de la commune de Bristen et par conséquent aussi chef de la cellule de crise après les intempéries. «Comme la situation était critique, j’ai quitté de suite mon bureau à Erstfeld pour aller me rendre compte sur place. Je ne suis revenu de ma visite que trois semaines plus tard.» Entre-temps, Infanger a simplement «agi», selon lui. Il y avait mille décisions à prendre, en partie de celles qui en temps normal dépassent de loin les compétences d’un président de commune. Comme par exemple la décision de modifier le cours du torrent Chärstelen qui traversait le hameau en forme de S, pour le faire passer en ligne droite en marge du village. «Dans cette situation d’urgence, j’ai pu prendre les décisions pratiquement tout seul, alors qu’en temps normal il aurait fallu des années pour obtenir les autorisations.»

Pour les secours également il a fallu agir rapidement et avec pragmatisme. La plupart des dégâts étaient couverts par les assurances, mais pas tous, ou alors que partiellement. «L’Aide Suisse aux Montagnards nous a aidés à financer la reconstruction du téléphérique. Tout le bâtiment, le dispositif d’entraînement et l’asservisse ment étaient détruits», se remémore Toni Furger, le gardien. Comme dans tout le village, on a là aussi fait de nécessité vertu et apporté dans le nouveau bâtiment des améliorations depuis longtemps nécessaires. Et ce, aussi bien pour le téléphérique que pour l’aménagement des places de parc pour les visiteurs. «Cela a simplifié l’exploitation.» En fait, de l’avis de Toni Furger, qui habite avec sa famille dans la station du téléphérique, tout est plus aisé. Un sentiment que tous les habitants de Bristen partagent. Le nouveau cours de la rivière est aussi plus sûr. «Depuis que les travaux sont terminés je n’ai plus d’appréhension, même quand il y a des orages violents», témoigne Toni.

Paru en août 2015

Le projet en bref

  • Corporation d’Uri
  • Reconstruction d'un téléphérique après une tempête
  • Bristen/UR