Une salle de classe bourdonnante

Une salle de classe bourdonnante

Élever des abeilles, ce n‘est pas du gâteau! Dans le canton d’Uri, il est possible d’en apprendre davantage sur l’apiculture.

C’est une activité qui nécessite des connaissances et de l’expérience. C’est pourquoi l’association uranaise des Amis des abeilles propose des cours pour les apiculteurs. Bernadette Fedier, sa présidente, s’est battue pour que le rucher-école dans lequel les cours ont lieu soit enfin raccordé au réseau d’eau et d’électricité.

«Quand on se lance dans l’apiculture, on ne peut plus s’arrêter. Nous élevons des abeilles depuis plus de 30 ans. L’apiculture intéressait mon mari et il a participé à un cours des Amis des abeilles. Nous avons débuté avec deux colonies. Les premières années, quand mes enfants étaient encore petits, je l’aidais occasionnellement. Mais le virus des abeilles m’a rapidement rattrapée. J’ai beaucoup appris avec mon mari, de telle sorte que j’ai ensuite pu l’aider un peu partout. Entre temps, nous avons entre 55 et 60 colonies dans quatre ruchers. Afin que les colonies n’essaiment pas et n’aillent pas faire leur nid dans le creux d’un tronc d’arbre, nous devons parfois les diviser. C’est pourquoi le nombre de colonies varie un peu. Le miel que nous récoltons, nous le vendons à nos amis ainsi qu’à quelques magasins de village.

Un bidon à lait à défaut de robinet

L’apiculture est essentielle pour l’économie de la région car les paysans sont tributaires de la polonisation des fleurs des prés et des arbres fruitiers par les abeilles. C’est la raison pour laquelle les Amis des abeilles uranais s’investissent depuis bientôt 140 ans pour diffuser leur savoir en matière d’apiculture et pour échanger leurs expériences. Au moment de sa fondation déjà, l’association a organisé des cours d’apiculture. Pendant longtemps, ils ont eu lieu chez divers apiculteurs, jusqu’à ce que nous aménagions un rucher-école au-dessus de Silenen en 1977. L’association y élève 17 colonies d’abeilles, qui permettent à de jeunes apiculteurs de se former. Le pavillon avait servi de bureau-container en plaine et nous avons pu l’acquérir à peu de frais. Les fonds nous manquaient cependant pour le raccorder à l’eau et à l’électricité. Pendant des années, nous avons produit du courant au moyen d’une petite installation solaire sur le toit, mais il était épuisé la plupart du temps un demi-jour plus tard. Lors des cours ou des assemblées des membres, il arrivait souvent que les gens soient dans le noir. Il nous fallait aussi récupérer l’eau pour les WC au moyen d’un collecteur d’eau de pluie sur le toit. Et amener de l’eau fraîche dans des bidons à lait. Cela ne pouvait plus durer, car sans eau courante c’était un réel défi de garantir l’hygiène. Pour éviter les maladies des abeilles, il est important que les ruchers et les ustensiles soient propres. Avec le soutien de l’Aide Suisse aux Montagnards nous avons finalement pu tirer des conduites pour l’eau et l’électricité dans le sol pour les brancher sur le réseau de la ferme la plus proche.

L’effet «More than honey» Aujourd’hui, c’est un grand jour pour les apiculteurs. Avec le temps estival et chaud, les abeilles ont récolté beaucoup de nectar. Les participants au cours vont donc transpirer sous leur voile d’apiculteur lorsqu’ils extrairont le miel des rayons pour le centrifuger. 18 apiculteurs et apicultrices se sont inscrits cette année pour une formation chez nous. C’est beaucoup. Avant, nous devions nous battre pour la relève. Depuis quatre ou cinq ans, nous enregistrons un nombre croissant de membres, y compris des jeunes et des familles. Actuellement nous sommes 185 amis des abeilles. Le grand public a pris conscience de l’importance de l’apiculture, surtout depuis que le film «More than honey» a démontré que les abeilles sont beaucoup plus que de simples productrices de miel. Quiconque veut élever des abeilles doit posséder certaines connaissances. Bien sûr, on peut de nos jours aussi s’informer sur Internet, mais, pour avoir des colonies saines, il est important d’acquérir également une expérience pratique. C’est pourquoi nous proposons des cours. Nous avons aussi des cours de formation continue pour les apiculteurs chevronnés, car en apiculture on apprend toujours quelque chose de nouveau, et c’est vraiment passionnant. J’en ai fait l’expérience moi-même. Après 30 ans, on croit savoir comment les abeilles fonctionnent, mais elles vous surprennent toujours. Aujourd’hui encore je suis épatée par la vitesse à laquelle elles construisent les rayons et produisent un kilo de miel. Pour cela elles doivent récolter trois kilos de nectar. Cela tient du miracle.»

Paru en août 2015

Le projet en bref

  • Association uranaise des Amis des abeilles
  • Alimentation en eau et en électricité du rucher-école
  • Silenen/UR