Dans le modeste chalet d'alpage, un énorme chaudron plein de lait est suspendu au-dessus du feu. L'extérieur du récipient est noir de suie. Grégoire Martin et son épouse plongent une toile de lin dans la masse et prélèvent une portion de fromage d'environ 25 kg qu’ils déposent dans le moule préparé à cet effet. L’opération est exécutée trois fois ce matin-là sur l'alpage de Culand, au- dessus de Rossinière. Auparavant, ils ont ajouté la présure et les cultures au lait, puis découpé et chauffé le caillé à 57 degrés. Chaque été, quelque 70 agriculteurs de montagne de l'Etivaz produisent du fromage d'alpage de la même manière. Ils l'envoient deux à trois jours plus tard à la coopérative. Là, le fromage est soigné jusqu'à sa maturité avec des moyens modernes, commercialisé de manière professionnelle et vendu dans le monde entier.