La forêt – un enseignement pour la vie

La forêt – un enseignement pour la vie

Selon l’atelier de formation Bergwald, la forêt est la meilleure des classes d’école. L’atelier offre aux élèves dans de s’investir dans la forêt de protection.

Cette année, pour la 20ème saison consécutive, des classes d’écoliers et d’apprentis se sont rendues à la montagne. La plupart du temps, avec d’anciens véhicules militaires tout-terrain qui ont été cofinancés par l’Aide Suisse aux Montagnards.

Reichenbach dans le Kandertal, Oberland bernois, par un magnifique jour d’arrière été. La petite voiture de Marc Lombard monte lentement les lacets de la petite route de montagne. Le chef de l’atelier de formation Bergwald est au volant, son collègue Kaspar Zürcher assure la fonction de copilote. «Il devrait y avoir ici une petite route de gravier qui tourne vers la gauche. Oui, c’est celle qui monte.» Ils sont en route pour aller rendre visite à une classe d’école de l’Oberland zurichois qui effectue un camp de travail dans la forêt. Au bout du chemin de gravier, un vieux véhicule militaire vert est parqué sur le bord. Il porte une inscription bien visible: «Bildungswerkstatt Bergwald», assortie du sigle de l’Aide Suisse aux Montagnards. Il y a six ans, l’atelier de formation Bergwald a racheté à l’armée, avec le soutien de l’Aide Suisse aux Montagnards, 20 de ces véhicules tout-terrain qui étaient au rancard. «Nos sites d’intervention sont souvent très loin de tout et disséminés. Il nous fallait donc des tacots ad hoc», explique Marc Lombard.

Le trajet se poursuit à pied. Depuis la prairie jusqu’à la forêt de protection, puis en grimpant la pente. Après quelques mètres, le petit sentier de terre battue se convertit en un véritable chemin, manifestement détrempé par les pluies des jours précédents, mais dont on voit clairement qu’il a été aménagé et consolidé. «C’est l’œuvre des classes d’école de l’an dernier», commente Kaspar Zürcher. Le tronçon du haut vient d’être aménagé cette semaine par les écoliers de l’Oberland zurichois. Actuellement, un groupe de six jeunes s’emploie à entretenir la forêt. Ils débitent des troncs d’arbres et coupent les arbustes et les buissons qui poussent à proximité. Ces adolescents travaillent avec ardeur et expliquent aux visiteurs avec force de détails ce qu’ils font et à quoi il convient de faire attention dans de telles opérations. On pourrait presque croire qu’ils ont été briefés au préalable sur la façon dont il fallait se comporter avec les visiteurs. La chef du groupe, Steffi Klatt, une ingénieure forestière venue d’Allemagne qui conduit des groupes depuis des années, dément en esquissant un sourire. «Nous n’avons pas fait de briefing en cachette. Les jeunes sont tout simplement fiers de leur travail et de montrer ce qu’ils ont réalisé.»

Mais, même en montagne, tout n’est pas aussi rose depuis le départ. Au début, les jeunes ont tendance à se plaindre et à râler quand ils se rendent compte qu’ils doivent s’investir à fond et que la pluie, la boue et les piqûres de moustiques sont inhérents au job. Mais, après quelques jours, c’est généralement la fierté du travail accompli qui prend le dessus. Les jeunes commencent à saisir le sens de leur mission. Des termes comme persévérance, biodiversité ou écologie prennent tout à coup une autre dimension. Mais la structure de la classe est, elle aussi, chamboulée. Le plus à l’aise de tous en classe peut s’avérer extrêmement maladroit une scie à la main, alors qu’un autre, qui est normalement au bas de l’échelle, peut se révéler très performant. Tôt ou tard, tous reconnaissent cependant que ce n’est qu’ensemble qu’on arrive à quelque chose. «Pour ce qui est de la cohésion, nous n’avons jusqu’ici que des feedbacks positifs des enseignants», dit Marc Lombard. «De tels camps ont déjà fait des merveilles avec des classes si difficiles, qu’il était impensable d’envisager une scolarité normale.» Pourtant, les spécialistes en exploitation forestière qui dirigent le camp ont une bonne formation pédagogique dispensent aussi un enseignement classique. L’abattage des arbres n’est en effet absolument pas incompatible avec une leçon de physique.

Texte et photos: Max Hugelshofer

Paru en septembre 2015

Le projet en bref

  • Fondation de l'atelier de formation Bergwald
  • Véhicule militaire tout-terrain
  • Reichenbach/BE