Six jeunes mères s’investissent

Six jeunes mères s’investissent

Purzelzwärg est synonyme de nouvelle vie au Lötschental.

La meilleure des assurances vie pour une vallée de montagne ce sont les jeunes familles. Or, pour éviter qu’elles n’émigrent, des infrastructures adéquates sont indispensables. Six jeunes femmes du Lötschental ont créé une structure d’accueil pour enfants en bas âge.

Les larmes sont malheureusement toujours au rendez-vous. Alors que la plupart des enfants sont déjà en train de jouer à l’intérieur, au vestiaire, le petit Samuel s’accroche aux jambes de sa maman et ne veut pas la lâcher. «Cela va déjà mieux qu’au début, mais la partie n’est pas encore gagnée!», dit Nadja Bellwald en souriant. Un drame de courte durée. Deux minutes plus tard, Samuel est assis avec treize autres enfants et chante la chanson du Purzelzwärg. «Purzelzwärg, c’est le nom adopté par cet espace jeu du Lötschental. S’il a vu le jour, c’est grâce à l’initiative de six jeunes mères, dont Nadja Bellwald. Pour elle, il allait de soi de mettre ses trois enfants dans un espace jeu avant le jardin d’enfants. «Cela fait du bien aux petits d’être en contact avec des enfants de leur âge et pas uniquement avec leur maman, leur papa et leurs frères et sœurs. Or l’espace jeu le plus proche se trouvait à Niedergesteln, à vingt minutes de voiture. «Cela faisait un bout de temps que je me disais qu’il nous faudrait dans la vallée une structure d’accueil pour les tout petits», commente Nadja.

«Tout feu tout flamme»

Elle se renseigna donc sur les conditions pour l’exploitation d’une telle structure d’accueil. Et il s’avéra que sa formation pédagogique de jardinière d’enfants et de maîtresse d’école primaire répondait aux exigences. Elle empoigna donc immédiatement le téléphone et appela les jeunes mères de son cercle d’amies. Nadja: «Chacune d’elle a tout de suite été tout feu tout flamme pour cette idée.»

C’était en février. Six mois plus tard, le projet «Purzelzwärg» devenait réalité. Nadja Bellwald et ses collègues Julia Rieder, Caroline Erbetta, Cordula Ritler, Anna Ritler et Chantal Werlen créèrent une association. Elles écrivirent aux parents de la vallée et firent de la publicité. Elles négocièrent ensuite avec les quatre communes de la vallée et obtinrent un soutien financier et moral pour leur entreprise ainsi qu’une salle dans l’ancien bâtiment scolaire de Ferden. Elles y ont remis les locaux au goût du jour et repeint les murs en couleur. Il ne leur manquait plus que des meubles adéquats, des livres et quelques jouets.

Le projet en bref

  • Garderie
  • Aménagement d’une garderie
  • Ferden/VS

Mais, travail bénévole et engagement avaient leurs limites. L’espace jeu nouvellement créé ne disposait d’aucunes ressources financières. Les jeunes femmes s’adressèrent donc à l’Aide Suisse aux Montagnards. Alois Arnold, expert bénévole, examina le projet et estima qu’un soutien était souhaitable. «Une telle initiative est positive car elle contribue à ce que les jeunes familles avec enfants restent vivre dans la vallée. Une vallée de montagne dans laquelle il n’y a plus d’enfants n’a pas d’avenir», commente-t-il.

La demande est importante

«Nous sommes extrêmement reconnaissantes à l’Aide Suisse aux Montagnards pour son soutien qui nous a permis de ne pas faire les choses à moitié. Nous avons même pu commander chez un menuisier une petite tour de jeu avec un to­boggan que les enfants adorent», dit Nadja Bellwald. Et ce ne sont pas seulement les enfants qui sont ravis, mais aussi les parents. Francine Rieder n’a quant à elle pas hésité longtemps avant d’envoyer sa fille à l’espace jeu. Avant, je devais toujours conduire mes deux enfants plus âgés dans la vallée et perdais chaque fois une demi-journée. Maintenant, avec le car postal, je suis ici en cinq minutes.» Tout comme elle, nombreux sont les parents dans le Lötschental qui approuvent ce projet. Après la première année déjà, plus de la moitié des enfants en bas âge vont à l’espace jeu. «Ce succès nous fait énormément plaisir et nous remplit de fierté», dit Nadja Bellwald. Mais les enfants aussi sont fiers! «Je suis maintenant un ‹Purzelzwärg›», déclare Anouk d’un ton très convainquant.

Texte: Max Hugelshofer

Photos: Yannick Andrea

Paru en novembre 2014