Des promenades en prescription
Moritz Strickler est médecin-chef en gériatrie à l’Hôpital cantonal d’Olten. Il sait qu’exercer une activité physique régulièrement promet une vie plus longue et en meilleure santé.
Moritz Strickler est médecin-chef en gériatrie à l’Hôpital cantonal d’Olten. Il sait qu’exercer une activité physique régulièrement promet une vie plus longue et en meilleure santé.
Les personnes âgées sont-elles en bonne santé en Suisse?
Récemment, j’ai effectué une longue randonnée dans l’Oberland bernois avec des amis. Et un homme âgé de 86 ans nous a dépassés. Il m’a dit faire ce parcours trois à quatre fois par semaine. Ce monsieur était tellement en forme que j’en aurais presque été jaloux. En revanche, dans mon travail à l’hôpital, je vois surtout celles et ceux qui ne vont pas bien.
De quoi souffrent ces personnes?
De différentes affections liées à l’âge et à la prospérité. Mais aussi diverses soient-elles, elles ont toutes un point commun: une grande partie d’entre elles auraient pu être évitées ou nettement retardées par une meilleure alimentation et davantage d’exercice.
Tout le monde n’est pas un sportif de haut niveau …
Ce n’est pas du tout nécessaire. Faire de l’exercice cinq fois par semaine pendant une demi-heure en s’essoufflant un peu de temps en temps est suffisant. La plupart des gens savent qu’ils devraient faire plus d’exercice, mais ne le font pas. Que faites-vous dans de tels cas? Je sors mon bloc d’ordonnances et prescris officiellement une demi-heure de promenade quotidienne. C’est contraignant et cela fait beaucoup plus d’effet que si je me contentais de donner de bons conseils. Souvent, il suffit de donner un coup de pouce au début, après quoi les patients remarquent eux-mêmes que l’activité leur fait du bien.
Et si quelqu’un ne peut plus marcher du tout en raison de ses douleurs ou de son obésité?
Cela complique les choses, mais on peut quand même bouger. Au pire dans son lit d’hôpital. Il n’est jamais trop tard. Mais, bien sûr, le fait est que les personnes en forme et actives toute leur vie ont beaucoup plus de facilité à vieillir que celles qui ne commencent à faire du sport que lorsqu’elles ne peuvent plus ignorer leur état.
Vous faites un exposé sur l’activité physique lors de réunions d’information sur les successions et la prévoyance de l’Aide suisse à la montagne. Comment cela s’est-il fait?
C’est très simple: mon supérieur hiérarchique n’avait pas le temps et je n’ai pas trouvé d’excuse (rires). Non, sérieusement: quand j’ai le temps, j’aime bien faire ce genre de choses. Je donne aussi des conférences dans des résidences pour personnes âgées ou devant leurs proches. J’espère surtout pouvoir contribuer ainsi à la prévention, et je me réjouis toujours des réactions du public. Marchant souvent en montagne, j’ai de la sympathie pour l’Aide suisse à la montagne. De plus, mon message s’inscrit très bien dans le thème général de la prévoyance. À mon avis, dans ce contexte, il ne faut pas penser qu’à l’argent, mais aussi à la santé.
La directive anticipée du patient en fait partie. On entend toujours dire qu’il faut absolument en rédiger une. Est-ce vraiment si utile?
Dans mon travail quotidien, les directives anticipées du patient m’ont déjà simplifié la prise de décision à de nombreuses reprises en m’aidant à tenir compte de la volonté du patient. Donc oui, rédigez une directive anticipée du patient, si possible très tôt. Le modèle utilisé et les détails ne sont pas importants. Ce qui est important, c’est que le personnel médical ait une idée de ce qui vous anime, de ce qui est important pour vous et de ce que vous refusez catégoriquement.