De l'initiative à revendre!

Le temps où les armaillis du versant schwyzois du col du Pragel devaient amener individuellement leur lait dans la vallée est désormais révolu. Aujourd’hui, le lait se traite sur place, dans la fromagerie de Pragel-Bödmeren.

Avant, l’apagiste Josef Gwerder devait transporter quotidiennement son lait depuis son alpage de Schwellaui, dans le Klöntal, jusqu’à Muotathal en passant le col du Pragel. Désormais, jusqu’à la nouvelle fromagerie d’alpage Pragel-Bödmeren de la famille Holdener, le trajet est réduit de moitié. Mais Gwerder ne gagne pas seulement du temps. En effet, comme son lait est traité sur place, la coopérative d’alpage le lui paie un prix plus élevé que ce qu’il en obtenait avant. «Cette fromagerie, c’est le top», déclare Gwerder. Et les onze autres familles de paysans, qui amènent leur lait à la fromagerie chez les Holdener en retirent les mêmes avantages. Les membres de la coopérative ont travaillé eux-mêmes à l’amélioration de leurs revenus. Durant des années, ils ont investi des milliers d’heures de travail dans cet ambitieux projet. Ils se sont serré les coudes, ont développé des idées pour l’avenir de leur alpage, ont discuté, fait des plans, les ont rejetés, en ont échafaudé d’autres – et surtout ont réussi à économiser une somme d’argent considérable, qui n’a cependant pas suffi à couvrir les coûts. C’est finalement grâce à l’Aide Suisse aux Montagnards qui a soutenu la coopérative, qu’une fromagerie moderne a pu voir le jour.

De longues journées, sept jours par semaine

La majeure partie des 20 tonnes de fromage d’alpage est livrée en plaine, la plupart du temps à des commerces régionaux et à des particuliers. Les Holdener vendent le fromage restant et les produits frais directement dans le petit magasin de la fromagerie, principalement à des randonneurs et des cyclistes profitant de faire une pause, et qui peuvent assister à la fabrication du fromage à travers des vitres. Toni Holdener commence sa journée à cinq heures du matin. Après la production du fromage d’alpage, à laquelle il se consacre dans la matinée, il nettoie tout à fond, avant de se lancer dans la production d’autres produits laitiers, comme les yogourts ou le séré. Ensuite, il faut nettoyer à nouveau. L’après-midi, il sort les «Mutschli» de la presse et les plonge dans un bain de saumure. Le jour suivant, ce sera au tour du fromage d’alpage. L’affinement du fromage prend beaucoup de temps, surtout en fin de saison d’estivage. Il est souvent fort tard quand Toni a enfin terminé son travail, et cela sept jours par semaine! Mais Toni peut compter sur l’aide de sa famille. Vroni, son épouse lui donne un coup de main ainsi que les deux filles Nadine (4) et Christa (6). Et il en va de même pour les deux fillettes du couple. La famille vit en été sur l’alpage et en hiver à Muotathal. Toni et Vroni se consacrent alors à la commercialisation de leur fromage. Et ils ne manquent pas d’idées. Récemment, ils ont transformé une remorque en roulotte à raclette, avec laquelle ils se rendent à des fêtes privées et à des manifestations d’entreprises afin d’y régaler les hôtes.

Paru en août 2011

Le projet en bref

  • Coopérative d’alpage
  • Nouvelle fromagerie
  • Pragel-Bödmeren/SZ
L’Aide suisse à la montagne apporte un soutien financier lorsque l’argent ne suffit pas pour réaliser un projet porteur d’avenir.