Dix ans de trajets plus sûrs

Il y a une bonne dizaine d’années, la famille Stucki s’est soudain retrouvée sans transporteur après un accident survenu pendant la fenaison. L’Aide suisse à la montagne lui a permis d’acheter un nouveau véhicule. Aujourd’hui, celui-ci simplifie encore chaque jour le travail du père, Luzi.

Impossible de réunir toute la famille Stucki pour la photo. «Les enfants grandissent et prennent leur autonomie», déclare Ruth Stucki avec fierté. Sur la photo prise il y a dix ans, l’aînée, Livia, posait aux côtés de ses cadets, Anita et Kilian, sur la plateforme du transporteur flambant neuf et était encore une enfant. Aujourd’hui, elle est absente: elle suit une formation de technologue du lait à Breil/Brigels, ses horaires de travail sont irréguliers et, en raison de la distance, elle vit dans un studio près d’une fromagerie. Elle ne rentre que sporadiquement chez ses parents. C’est Milo qui la remplace sur le transporteur. Âgé de neuf ans, il n’était pas encore venu au monde au moment de la dernière photo.

Le projet en bref

  • Exploitation de montagne
  • Nouveau transporteur
  • Turisch/GR

Pas mal de choses ont changé à la ferme Turisch, une exploitation reculée située dans les Grisons, sur les hauteurs de Valendas, dans la Surselva. Récemment mise en service, la grande installation photovoltaïque posée sur le toit de l’étable attire immédiatement l’attention. Ce qu’on ne remarque pas tout de suite, c’est que le toit lui-même est nouveau et qu’il a été agrandi pour pouvoir abriter une grue à foin, laquelle facilite grandement le travail des Stucki. 

Le transporteur que la famille a acquis il y a dix ans avec le soutien de l’Aide suisse à la montagne est, lui aussi, gage d’efficacité et, surtout, de sécurité. «Il tient toutes ses promesses, même si nous avons été un peu forcés de l’acheter», explique Luzi. Un jour que la famille faisait les foins, le frein à main de l’ancien transporteur a lâché. Sans conducteur, le véhicule a dévalé la pente et renversé un poteau électrique avant de finir sa course contre deux bouleaux. «Je frissonne encore quand j’y repense. Cela aurait pu virer à la tragédie», ajoute Luzi. Le nouveau transporteur a un frein à main robuste, et ce n’est pas son seul atout: plus large et doté d’un empattement plus long, il est aussi plus stable que l’ancien. «Si tout va bien, il tiendra encore dix ans.»

Texte et photos: Max Hugelshofer

Paru en mars 2026

L’Aide suisse à la montagne apporte un soutien financier lorsque l’argent ne suffit pas pour réaliser un projet porteur d’avenir.