Porter le bois à mains nues appartient au passé

Pendant dix ans, Yves Bernard abattait un travail manuel conséquent dans sa scierie, avant de prendre son courage à deux mains et d’acquérir des machines high-techs. Depuis, le changement du personnel a diminué.

La scie à ruban scie un tronc d’arbre, un crissement assourdissant emplit la grande halle. À proximité immédiate de la scie se trouve une petite cabine. À l’intérieur, le silence règne. Quatre écrans affichent un aperçu de l’activité sur l’ensemble du site. D’une main experte, Yves Bernard appuie sur quelques boutons à sa gauche – à l’écran, cinq fines lignes jaunes apparaissent au niveau de l’extrémité du tronc. À l’aide d’une manette et de quelques clics, le quinquagénaire fait légèrement pivoter le tronc, puis appuie sur «Start». L’ordinateur prend le relais durant les trois ou quatre minutes suivantes. Coupe après coupe, les bords gauches après le passage de la scie tombent dans une chaîne de transfert où ils sont directement déchiquetés en plaquettes. Les unes après les autres, les planches atterrissent ensuite sur un train de rouleau qui les transporte dans une deuxième halle, sur la droite. Là, moyennant un robot à ventouse, un collaborateur soulève les pièces qui peuvent peser entre 10 à 200 kg et les empile soigneusement.

Le projet en bref

  • Scierie
  • Deux abris couverts equipées avec des panneaux solaires
  • Sonvilier/BE

La rapidité est de mise

En moyenne, chaque jour un camion de grumes est scié dans l’entreprise. «Nous n’y parvenons que grâce à l’automatisation et à des machines dernier cri», explique Yves Bernard. «A l’époque une grande partie du travail était réalisé manuellement et ne permettait pas d’atteindre la rapidité que nous avons aujourd’hui.» Les investissements réalisés par le patron de la scierie permettent à ce jour d’être réactif pour les commandes last-minute. «Cette réactivité est très appréciée des clients.» Un grésillement retentit dans un haut-parleur, un employé demande, via son casque, où il doit déposer la pile de planches finies. Yves Bernard saisit l’interphone et lui répond. Quatre à cinq hommes travaillent dans la vaste scierie. S’ils devaient, sans arrêt, se déplacer pour communiquer, ils perdraient un temps précieux. Les casques, eux aussi, constituent un investissement visant à améliorer l’efficacité et la sécurité.

Notre soutien

Le site de la scierie manquait d'espace protégé pour stocker le bois coupé au sec. Avec le soutien de l'Aide suisse à la montagne Yves Bernard a pu construire deux abris couverts équipés des panneaux solaires.

Le travail manuel nuisait au dos

Yves Bernard, agriculteur à la base et fasciné par le bois, a racheté la scierie en faillite il y a plus de 25 ans. Les dix premières années, il a travaillé avec d’anciennes machines. Lui et ses collaborateurs devaient empiler les planches à la main. Lorsqu’un énième employé a démissionné en raison de maux de dos et que lui-même a rencontré des problèmes de dos, Yves Bernard a compris que cela devait changer. Il a investi dans une scie à ruban au goût du jour, un nouvel entrepôt doté d’un robot de levage et, avec le soutien de l’Aide suisse à la montagne, il a investi dans deux couverts fermés sur trois côtés et équipés de panneaux solaires afin d’être encore plus écologique et autonome au niveau électrique. «Mon but a toujours été de travailler de façon efficace, mais aussi écologique que possible», explique le propriétaire de la scierie. «Notre bois provient d’un rayon maximal de 50 kilomètres, il est transformé chez nous et vendu dans la région.» Cela vaut également pour les déchets de bois: la sciure est vendue pour la transformation en pellets ainsi qu’aux agriculteurs. Quant aux copeaux de bois, ces derniers sont vendus à des centrales de chauffage urbain ou à des particuliers et également utilisés pour chauffer le site et alimenter l’installation de séchage du bois.

Le bois, une passion

Pour Yves, la scierie constitue davantage qu’un simple travail: «Puisque nous sommes une petite entreprise qui traite chaque tronc individuellement, nous voyons d’emblée de quelle manière ledit tronc peut être utilisé – soit pour des planches grossières ou de plus belle facture ou pour du bois de construction ou pour des planches qui seront livrées aux entreprises de collage. Grâce au traitement individuel, nous sommes à même de proposer une qualité supérieure à nos clients.» Cette passion, il n’a de cesse de la transmettre. Par exemple lors des Journées du bois suisse, en septembre 2025, où il a également fêté les 25 ans de son entreprise: plus de 600 personnes ont visité la scierie ce week-end-là. Le prochain apprenti se trouvait peut-être parmi elles.

Texte: Alexandra Rozkosny

Images: Yannick Andrea

Paru en janvier 2026

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