Le long du versant des Dolomites de Gadmen
La dénomination de «sentier d’altitude» laisse présager de belles vues et un faible dénivelé. Cette randonnée tient tout du moins la première de ces promesses.
La dénomination de «sentier d’altitude» laisse présager de belles vues et un faible dénivelé. Cette randonnée tient tout du moins la première de ces promesses.
Il fait encore frisquet lorsque nous nous mettons en route à l’arrêt de bus de Feldmoos, du côté bernois du col du Susten. Il fait frais et tout est calme. Mais cela ne va malheureusement pas durer. Nous commençons notre randonnée vers la cabane de Tälli (Tällihütte) sur la route goudronnée qui part du virage en épingle à cheveux en direction de l’ouest. Notre sentier de randonnée bifurque rapidement vers la gauche. Et la première montée bien raide ne se fait pas attendre. Ce sentier varié traverse la forêt jusqu’à une hauteur d’où s’offre une vue impressionnante: en contrebas, on voit le village de Gadmen, mais aussi, pour la première fois, la vallée du Wendenwasser, délimitée par la paroi rocheuse escarpée du Titlis. Nous sommes arrivés juste à temps pour voir le soleil se lever au-dessus du Grassen. Impressionnant!
Le sentier, impossible à manquer, continue d’abord gentiment à travers les champs de myrtilles avant de descendre en pente raide vers le Wendenboden. On voit qu’il a été récemment remis en état. Néanmoins, comme le sol est très humide et glissant à cause de la rosée de la nuit, il faut avoir le pied sûr. On ne risque nulle part de faire une chute grave, mais quiconque n’est pas habitué aux sentiers de montagne étroits et escarpés n’appréciera guère cette descente.
À notre arrivée au Wendenboden, nous marchons tranquillement quelques centaines de mètres sur la petite route goudronnée qui mène à la Wendenalp, où les alpagistes viennent de terminer la traite. Nous pourrions y acheter du fromage et du beurre d’alpage, mais comme la journée promet d’être chaude, nous risquerions de ne pas réussir à les ramener à bon port.
Le sentier bifurque rapidement vers la droite et monte jusqu’au pied de l’impressionnante chaîne de montagnes également appelée «les Dolomites de Gadmen». Ici, il faut être vigilant, car on peut facilement manquer la prochaine bifurcation quelques mètres plus loin, même si elle est bien balisée. Mais si, comme nous, on se laisse distraire par les papillons qui butinent les fleurs et par l’identification des différents sommets, on se rend compte de soi-même au bout de 500 mètres qu’on s’est trompé. En effet, le sentier s’arrête brusquement. Il faut donc rebrousser chemin jusqu’à l’embranchement ou escalader la pente pour retrouver la bonne trace.
C’était la dernière occasion de se perdre. À partir de là, l’unique sentier longe toujours le pied de la paroi rocheuse. On ne peut toutefois pas prétendre qu’il soit facile et plat. À force de monter et de descendre, on accumule les mètres de dénivelé. Ce tronçon du parcours offre de superbes vues sur la vallée et sur les impressionnantes parois rocheuses de plus de 600 mètres de haut. Petit bémol: le calme du petit matin n’est plus qu’un souvenir. Le bruit de la route du col du Susten est omniprésent. On ne se sent pas aussi loin de tout que cela peut être le cas lors d’autres randonnées en montagne.
Au bout de près de quatre heures, les parasols blancs de la cabane de Tälli se profilent à l’horizon. Nous nous y offrons un repas de midi simple mais délicieux pour bien terminer notre randonnée. On pourrait aussi y passer la nuit et poursuivre la randonnée le lendemain par le col du Sätteli, la vallée du Gental et jusqu’à Melchsee-Frutt. Là, nous serions récompensés par un bain dans le lac d’Engstlen à environ deux tiers du parcours. Nous n’avons toutefois qu’une journée devant nous et redescendons donc dans la vallée. Pour ménager nos genoux, nous prenons la Tällibahn plutôt que nos jambes. Nous achetons ensuite du fromage d’alpage local au distributeur de l’association «Püüre Laden» à la station aval.