«Nous faisons tout ce que nous pouvons nous-mêmes!»

Père et fils travaillent ensemble et construisent une nouvelle étable.

Afin de réduire les coûts ils mettent le plus souvent eux-mêmes la main à la pâte : son fils Oliver, l’agriculteur de montagne Markus Zwahlen construit lui-même la majeure partie de sa nouvelle étable. La nouvelle construction s’est avérée nécessaire en raison de nouvelles prescriptions en matière de protection des animaux.

Markus Zwahlen, paysan de montagne, ne peut pas se plaindre de manquer de vue. Sa ferme à 1400 m. d’altitude, est située dans le magnifique site du parc naturel du -Gurnigel-Gantrisch, dans le canton de Berne. De travail non plus il n’en manque pas! En particulier en ce moment où sa ferme est en plein chantier. Pour lui, la construction d’un nouveau bâtiment ne se résume en effet pas à regarder travailler les ouvriers: il s’investit personnellement. Actuellement, il s’échine à éliminer au karcher les restes de béton sur les planches de coffrage, et un nuage de poussière fine se propage sur tout le devant de la maison. Pendant ce temps, Oliver, son fils, veille à ce que son père ne manque pas de travail. Il retire les lourdes planches de coffrage du béton tout juste sec et les transporte hors du chantier. Un travail pénible, comme en témoignent les gouttes de sueur qui tombent de son front sur son T-shirt orange qui arbore le sigle de la Fête fédérale de lutte de Frauenfeld.

Un investissement personnel indispensable

«Nous faisons tout ce que nous pouvons nous-mêmes», dit Zwahlen. Et c’est déjà énorme! Markus était par le passé électromécanicien. Oliver est, quant à lui, charpentier. Les Zwahlen n’ont engagé qu’un seul ouvrier pour la maçonnerie mais sa tâche est pratiquement terminée. Les travaux de charpenterie seront réalisés par Oliver. «J’ai juste besoin d’un coup de main pour le montage», précise-t-il. L’investissement personnel, ainsi que les économies de la -famille et les hypothèques se sont malgré tout avérés insuffisants pour couvrir les frais. «Je suis très reconnaissant à l’Aide Suisse aux Montagnards pour son soutien», déclare Zwahlen. «Les coûts sont sensiblement plus faibles quand on réalise le tout en une seule fois.» Suite au durcissement des prescriptions en matière de protection des animaux, la construction d’une nouvelle étable était impérative. Il y a un an déjà que Zwahlen aurait dû concéder davantage de place à son taureau. Une autorisation spéciale d’utiliser son ancienne étable lui a été accordée jusqu’à ce que la nouvelle soit terminée. Cette dernière accueillera non seulement le taureau mais également trois chevaux ainsi que des vaches mères. Le nouveau bâtiment comprendra aussi un chauffage à pellets pour le logement dans la ferme et le «stöckli», dans lequel Oliver habite. «Je me réjouis de ce nouveau chauffage», dit Zwahlen. «Finies les raideurs dorsales causées par le froid!» Les deux bâtiments étaient équipés de poêles à bois, qu’il fallait alimenter en continu en hiver. «Quand on se rendait à une fête le soir, l’appartement était glacé à notre retour. Je préférais alors réfréner mes envies de sortir et restais à la maison.»

Jamais à court d’idées!

Depuis qu’il a repris la ferme de son grand-père, Zwahlen, qui se consacre à la production de viande, n’a cessé d’agrandir et de moderniser son exploitation. Il a commencé par l’élevage des vaches mères, mais n’a jamais été à court d’idées. Et le travail avec des espèces d’animaux qui ne lui étaient pas familières ne l’a pas rebuté. Depuis quelques années, il élève des dindes, environ 150 par an, qu’il prépare dans sa ferme pour les vendre directement à des clients de toute la Suisse. Une activité qui, au départ, n’a pas été sans lui poser des problèmes. Zwahlen livrait au début ses dindes à la pièce. «Une dame m’a raconté qu’elle avait passé toute une heure à se demander comment elle devait s’y prendre avec sa -volaille», se remémore-t-il. Une expérience qui lui a servi de leçon. Actuellement, ses clients reçoivent leurs dindes débitées en portions pratiques et emballées. La dernière expérience de Zwahlen, ce sont les zébus. Ces bœufs, originaires d’Afrique, et qui ont une protubérance caractéristique sur le cou, sont solides, peu exigeants et produisent une excellente viande. Pas suffisant encore pour Zwahlen qui, pour augmenter le rendement, les croise avec des vaches du Simmental.

Un rêve de toujours

Entre-temps les planches de coffrage ont été démontées. Le gros œuvre de la nouvelle étable a avancé d’une étape. -«J’aimerais qu’elle soit sous toit quand la première neige arrivera», dit Markus Zwahlen, qui estime que pour les travaux restants il aura tout l’hiver à disposition. Quand le projet sera terminé, il pourra alors remettre la ferme en bon état à son fils. Oliver, 22 ans, a suivi après son apprentissage de charpentier une année de formation agricole en Suisse romande et -travaille désormais dans la ferme de son père. «J’ai toujours rêvé d’être un jour paysan ici, dans la ferme familiale.»

Paru en novembre 2011

Le projet en bref

  • Sangernboden/BE